La
présence française dans l'Océan Indien
est le fruit de tractations, de luttes entre les autochtones
(quand il y avait) ou les occupants, anglais ou portugais. Ces
îles ont maintes fois changé de mains, souvent
au prix du sang de leurs habitants, avant d'accéder à
l'indépendance, sauf Mayotte qui a préféré
rester française en 1974, fait quasiment unique dans
l'histoire.
Au fil des siècles,
ces îles sont devenues un creuset culturel où l'on
retrouve l'Afrique, l'Orient (Indes, Chine et Indonésie),
le monde Arabe et l'Islam et l'occident. Les échanges
commerciaux reflètent cette diversité. Selon que
les "marchands" sont d'origine asiatique, africaine,
arabe ou européenne, les sources d'approvisionnement
varient. L'achalandage est donc très varié. Peut-on
y voir la naissancee de la mondialisation? C'est aller un peu
vite en besogne. En fait, chacune de ces entités s'est
créée une identité, souvent très
forte, liée au caractère insulaire de ces pays.
La diversité
des influences et des religions en font souvent des modèles
de tolérance. Souvent mais pas toujours... Cette tolérance
est d'ailleurs plus présente dans l'esprit des peuples
que dans celui des états qui les gouvernent, ou des autorités
religieuses dominantes. |
Maurice
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la carte -
L'île était inhabitée lorsqu'elle
fut découverte par les Portugais en 1507. Les Hollandais,
qui l'occupèrent de 1598 à 1710, lui donnèrent
le nom de Maurice de Nassau. Ils y exploitèrent le bois
plus qu'ils n'y développèrent la culture de la canne,
du coton et du tabac. Maurice devint possession de la Compagnie
des Indes en 1715, puis du roi de France en 1767 et, rebaptisée
île de France, fut, au XVIIIe siècle,
le fleuron de l'empire colonial français dans l'océan
Indien, centre du commerce et de la « course ».
Elle fut conquise en 1810 par les Britanniques qui, après
s'être fait reconnaître cette possession par le traité
de Paris en 1814, laissèrent aux colons français
l'usage de leur langue et du Code civil; beaucoup de ces colons
français restèrent, constituant le groupe des Franco-Mauriciens,
grands propriétaires fonciers et hommes d'affaires. La
culture de la canne s'étendit, d'abord avec une main-d'oeuvre
d'esclaves africains et malgaches, puis, après l'abolition
de l'esclavage, en 1835, en ayant recours à une abondante
main-d'oeuvre indienne sous contrat, dont une grande part se fixa
dans l'île. En 1885, les Britanniques créèrent
un Conseil législatif.
L'île resta colonie britannique jusqu'à son accession
à l'indépendance, le 12 mars 1968, sous la
conduite du Dr Seewoosagur Ramgoolam. En 1982, le Mouvement militant
mauricien (MMM), créé en 1969 par Paul Bérenger,
remporta les élections législatives. Aneerood Jugnauth
devint Premier ministre et le resta jusqu'en 1995, malgré
sa rupture (1983) avec le MMM. Le 12 mars 1992, Maurice est devenue
une république, tout en restant au sein du Commonwealth.
En 1993, elle a accueilli le cinquième Sommet de la Francophonie.
En décembre 1995, la victoire électorale de la coalition
formée par le Parti travailliste mauricien et le Mouvement
militant mauricien a porté le travailliste Navim Ramgoolam
au poste de Premier ministre. |
Madagascar
En 1896, le Parlement français déclara
l'annexion de Madagascar, décrétée colonie
française. Le général Gallieni fut envoyé
d'urgence pour prendre le commandement civil et militaire de l'île
et mater l'insurrection. Il réprima les révoltes,
déposa et exila la reine Ranavalona III à la
Réunion, puis à Alger, et abolit la monarchie. Gallieni
établit alors les fondements de son action coloniale: «politique
des races», francisation, oeuvres économiques et
sociales. Il remplaça les gouverneurs merinas par des administrateurs
locaux encadrés par des Français. De 1900 à
1902, Lyautey soumit les populations du Sud; en 1905, la «pacification»
était achevée. Près de 50 000 Malgaches
furent incorporés à l'armée française
pendant la Première Guerre mondiale. Cependant, la résistance
du peuple malgache à la colonisation se poursuivit sans
relâche, et la domination française ne fut d'ailleurs
jamais acceptée. Dès les années 1910, les
nationalistes se groupèrent dans une société
secrète militant pour la liberté et l'égalité
des droits, la Vy vato sakelika (VVS, littéralement:
«Fer, pierre, réseau») dont les dirigeants,
notamment le pasteur Ravelojaona, furent arrêtés
en 1916. En 1920, le mouvement s'amplifia sous l'impulsion de
Jean Ralaimongo. Au début de la Seconde Guerre mondiale,
l'administration coloniale demeura fidèle au gouvernement
de Vichy. En 1942, les Britanniques débarquèrent
à Diego-Suarez et occupèrent l'île, que sur
l'insistance du général de Gaulle, ils acceptèrent
finalement de remettre à la France libre. En 1945, les
Malgaches purent élire deux députés à
l'Assemblée constituante à Paris. En 1946, Madagascar
devint un Territoire français d'outre-mer. Mais en mars
1947, un soulèvement populaire (insurrection des Menalambos)
éclata dans l'île. La répression fut impitoyable:
elle aurait fait 80 000 à 100 000 morts,
et elle décapita les mouvements d'opposition créés
en 1946 : le Mouvement démocratique de la rénovation
malgache (MDRM) de Joseph Ravoahangy, et le Parti des déshérités
de Madagascar, de Joseph Raseta. En 1956, la loi-cadre instaura
le suffrage universel. Un gouvernement autonome fut constitué
sous la présidence de Philibert Tsiranana, fondateur du
Parti social-démocrate (PSD). Mais lorsque, le 26 juin
1960, dépassant les objectifs de la loi-cadre de 1956,
la Grande Île accéda à l'indépendance,
la politique coloniale avait depuis longtemps jeté la jeune
élite malgache dans les bras du militantisme prosoviétique. |
Seychelles
Bien que très certainement déjà
visité par des navigateurs arabes depuis le Xe siècle,
l'archipel était inhabité lorsqu'il fut signalé
par Vasco de Gama, en 1502; les Portugais ne l'utilisèrent
que comme escale sur la route des Indes, et au XVIIIe siècle,
les Seychelles, toujours pratiquement inhabitées, ne servaient
que de repaires aux pirates lorsque les Français en prirent
possession; ce fut le gouverneur de l'île de France (aujourd'hui
Maurice), Mahé de La Bourdonnais, qui, en 1742, envoya
le navigateur Lazare Picault reconnaître ces îles;
ce dernier nomma les îles Mahé (en l'honneur du gouverneur)
et Praslin (du nom du duc de Choiseul), l'archipel, quant à
lui, recevant plus tard le nom de l'intendant général
des Finances, Moreau de Séchelles. En 1756, la France en
prend officiellement possession et, à partir de 1770, le
nouveau gouverneur de l'île de France, Pierre Poivre, y
introduit la culture des épices. À la fin du XVIIIe siècle,
les Britanniques tentèrent plusieurs fois de s'emparer
de l'archipel, mais la conduite évasive du gouverneur français,
Quéau de Quinssy, permit d'y maintenir jusqu'en 1810 la
souveraineté française : il répondait en
effet à chaque débarquement britannique par une
reddition immédiate, mais, sitôt les troupes ennemies
reparties, il faisait de nouveau hisser le drapeau français.
Cependant, en 1814 (traité de Paris), les Britanniques
prirent officiellement le contrôle de l'archipel, qu'ils
rattachèrent à l'île Maurice. Les Seychelles
furent d'abord administrées par un simple agent. L'octroi,
en 1903, du statut de colonie de la Couronne concrétisa
la séparation des Seychelles et de l'île Maurice.
À partir de 1948, plusieurs réformes constitutionnelles
successives conduisirent l'archipel de l'autonomie à l'indépendance
(29 juin 1976), au sein du Commonwealth.
James Mancham, le dirigeant du Parti démocratique des Seychelles
(SDP, partisan du maintien de liens étroits avec le Royaume-Uni),
devint le président de la République, tandis que
France-Albert René, chef du Parti unifié des Seychellois
(SPUP, partisan de l'autonomie), prenait la tête d'un gouvernement
de coalition. En juin 1977, France-Albert René prit le
contrôle du pays à la suite d'un coup d'État.
L'Assemblée nationale fut dissoute, la Constitution suspendue
et le SPUP, renommé Front progressiste du peuple seychellois
(SPPF), érigé en parti unique. Deux ans plus tard,
une nouvelle Constitution entra en vigueur, confirmant l'orientation
«socialiste» de la nouvelle république. Seul
candidat aux élections présidentielles, A. René
vit son mandat reconduit en 1984 et 1989. Les nombreuses tentatives
de coups d'État menées, à l'intérieur
du pays par les forces de l'opposition appuyées par des
mercenaires, ou dirigées par des opposants en exil, se
soldèrent par des échecs (1981, 1987). En janvier
1992, cependant, sous la pression internationale, notamment celle
de la France et du Royaume-Uni, le président René
annonça la tenue d'élections pluralistes avant la
fin de l'année. Le SPPF remporta plus de 58 % des
suffrages exprimés contre plus de 33 % pour le Nouveau
parti démocratique (NDP) de l'ancien président J. Mancham
revenu d'exil. La Constitution fut amendée en janvier 1993.
Le référendum sur la constitution de la nouvelle
Assemblée nationale, organisé par A. René
et J. Mancham, recueillit l'approbation de près de
74 % des votants et le président sortant fut réélu
en juillet. L'introduction, en novembre 1995, de l'Acte de développement
économique (EDA) garantissant l'immunité d'extradition
aux gros investisseurs étrangers et les réformes
favorisant le développement du tourisme de luxe et de l'industrialisation
au détriment des aides publiques, soulevèrent l'indignation
de l'opposition. Au sein de la communauté financière
internationale, l'EDA fut perçu comme un coup de force
menaçant l'équilibre du système financier
mondial. Sous la pression de nombreuses puissances dont la France,
les États-Unis et le Royaume-Uni, le gouvernement seychellois,
renonçant à ce projet, constitua une commission
de contrôle des candidatures présentées par
les investisseurs potentiels et mit en place une législation
destinée à prévenir le blanchiment de fonds
illicites. En 1996, un amendement à la constitution créa
le poste de vice-président, dont les responsabilités
ont été augmentées en 1997. |
Les terres éparses
Petites tâches terrestres sur la carte
du canal du Mozambique, une kyrielle de petites îles font
la gloire économique de la France dans la région.
Les Iles éparses comptent Europa, les Iles Glorieuses,
Juan de Nova, Bassas da India, le banc corallien du Geyser et
Tromelin, au nord-ouest de la Réunion. 640.400 km2 de zone
économique exclusive au total, créée en 1978
par la France.
Petit territoire au statut à part, ces
îles ne sont ni des départements, territoires ou
collectivités territoriales. Sous la tutelle du ministre
en charge de l’Outre-Mer depuis 1960, leur administration relève
du préfet de La Réunion. Elles ne sont toutefois
pas intégrées à l’Union Européenne.
Découvertes pour la plupart par des navigateurs
portugais ou français entre le XVIe et XVIIIe siècles,
la France revendique ces îles depuis la fin du XIXe. A l'instar
de Juan de Nova, où le pavillon français fut planté
en 1897. Au début du siècle l'île est louée
à un Français pour 20 ans. Puis, en 1952, une concession
est accordée à la société SOFIM pour
15 ans. Après l'indépendance de Madagascar en 1960,
la concession est renouvelée pour 25 ans. La SOFIM est
dissoute en 1968. La France reprend la concession de l'île
et décide l'implantation d'une station météorologique
de base en 1973.
Une présence française singulière
sur ces atolls d'origine volcanique, récifs coralliens
et rochers déserts, disséminés dans l'Océan
indien. Funeste théâtre de nombreux naufrages, leur
importance est surtout stratégique et la présence
humaine sur ces terres se résume à l'essentiel des
besoins administratifs et scientifiques. Il y a bien eu quelques
traces de vie sur Juan de Nova pour l'exploitation minière.
Mais depuis 1973, seuls des détachements
militaires des Forces Armées dans la Zone Sud de l’Océan
Indien (FAZSOI) foulent le sable des Iles de la Grande Glorieuse,
Juan de Nova, et Europa. Les météorologistes ont
également investi ces bouts de terre, excepté Bassas
da India. A tel point que le préfet de la Réunion
est secondé dans sa gestion par la direction régionale
de Météo France à La Réunion, qui
a des stations dans chaque île, installées entre
les années 1950 et 1970. Un gendarme est en poste sur chacun
de ces rochers, sauf Tromelin, et quelques scientifiques viennent
promener leur intérêt dans ces eaux.
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