Chaque île a une certaine autonomie
Capitale de Mohéli : Fomboni
Capitale d'Anjouan : Mutsamudu
Estimation de population : 750 000 habitants
Monnaie : le Franc Comorien. Autrefois indexé
sur le franc français, il est maintenant ancré à
l'euro (1 euro = 492 FK), ce qui lui a évité de nombreuses
dévaluations et lui donne une certaine valeur par rapport aux
autres monnaies de la région (Madagascar ou le Mozambique n'ont
pas cette chance...)
SITUATION
Situées à l'entrée nord du Canal
du Mozambique, les quatre îles des Comores sont d'origine volcanique,
à des âges différnets. La plus ancienne, Mayotte,
commence à s'enfoncer dans l'océan. Sa barrière
de corail laisse encore deviner la forme qu'elle avait... il y a quelques
millions d'années. D'une cinquième île, ne reste
plus qu'un récif coralien qui affleure à peine la surface
de l'eau : le Banc du Geyser, situé entre Mayotte et Madagascar.
Le Mausolée du Président
Abdallah à Domoni (Anjouan)
Les Comores, au climat tropical humide,
sont balayées par l'alizé du sud-est et la mousson du
nord-ouest; la saison chaude et humide dure de novembre à mai.
La saison relativement fraîche et sèche se prolonge de
mai à octobre. Les précipitations sont partout abondantes,
suivant un rythme tropical (pluies d'été austral); il
tombe 2 600 mm à Moroni (Grande Comore), 2 100 mm
d'eau à Mutsamudu (Anjouan), mais les climats varient suivant
l'exposition aux vents et l'altitude.
(Cliquez sur le nom de chaque île zoomer, sur le nom
des villes pour accéder à la page qui leur est consacrée)
Mohéli, Anjouan et la Grande Comore sont géographiquement
inégalement développées, suivant l'ancienneté
de leur apparition, entre le miocène et le quaternaire. Mohéli
est constituée d'un plateau de basaltes recouverts de tufs; Anjouan
(1 595 m à son point culminant) est un massif évidé
avec des crêtes aiguës. La Grande Comore a un volcanisme actif
et, du fait de la perméabilité des jeunes basaltes, manque
d'eaux de surface. Le volcanisme récent vaut à ces îles
des sols de qualité, mais l'érosion est importante à
Anjouan.
L'histoire du peuplement est mal connue. Les Comores
ont d'abord été peuplées par des populations métissées
d'Africains et d'Indonésiens ; ces derniers ont introduit la
pirogue à balancier, la riziculture de brûlis et développé
la culture du cocotier et de la banane plantain. Le fond de peuplement
est cependant constitué de Bantous, assujettis et islamisés
par des minorités arabes venues, du Xe siècle
au XVIe siècle, du sud de l'Arabie et de Zanzibar.
Ces « nobles » créèrent de petites
villes côtières; des esclaves cultivaient leurs domaines,
alors qu'une partie des premiers occupants se réfugiait dans
les Hauts. Unifié à Anjouan et à Mohéli,
le pouvoir était, à la Grande Comore, morcelé entre
douze sultanats sans cesse en conflit.
Au XVIe siècle, les Portugais prirent
temporairement le contrôle des Comores. Au XVIIe siècle,
les navigateurs européens, en route vers les Indes, prirent l'habitude
de faire escale aux Comores. Au XIXe siècle, des Malgaches
s'établirent à Mohéli. Partout, des aventuriers européens
accaparèrent une bonne part des terres, les exactions des planteurs
provoquant des révoltes. La France dut intervenir, mais elle ne remit
pas en cause les spoliations foncières. En 1841, les Français
prirent le contrôle de l'archipel; un traité officialisa en 1843
le rattachement de Mayotte aux possessions françaises de l'océan
Indien. De 1865 à 1886, la France établit son protectorat sur
l'archipel. Les planteurs de plantes à parfum (jasmin, ylang-ylang)
possédaient près de la moitié de la Grande Comore, 40 %
d'Anjouan, 20 % de Mohéli. Peu à peu, beaucoup de terres
furent rétrocédées. En 1946, l'archipel put envoyer des
députés au Parlement français. À l'issue du référendum
de 1958, le statut de territoire d'outre-mer fut choisi. Le nationalisme ne
se manifesta vraiment qu'en 1972 et aboutit à l'organisation d'un référendum,
le 22 décembre 1974, qui remporta 95 % de « oui » dans
l'ensemble de l'archipel, excepté à Mayotte où le «
non » l'emporta. Avec bien des difficultés, Mayotte fut rattachée
à la France dont elle devint une collectivité territoriale.
Le 6 juillet 1975, Ahmed Abdallah, grand commerçant d'Anjouan, proclama
unilatéralement l'indépendance des Comores et, le 8, fut élu
président.
Les Comores ont connu une succession de régimes et de coups d'État,
dans lesquels des mercenaires français ont le plus souvent joué
un rôle essentiel: renversement du « père de l'indépendance »,
le président Ahmed Abdallah en août 1975; en 1978, renversement
de son successeur, le président Ali Soilih, par un coup d'État
d'Ahmed Abdallah soutenu par des mercenaires français et sud-africains;
assassinat d'Ahmed Abdallah en 1989. Des élections générales
portèrent alors à la tête de l'État, Saïd
Mohamed Djohar (ou Johary), mais celui-ci, âgé et versatile,
dut quitter le pouvoir en septembre 1995 après une nouvelle invasion
de l'île par des mercenaires français. En 1992, une nouvelle
Constitution fut approuvée par référendum. En septembre
1995, le mercenaire français «Bob» Denard tenta un nouveau
coup d'État, qui fut mis en échec par l'armée française.
En mars 1996, Mohamed Taki Abdoulkarim accéda à la présidence
de la République dans un climat politique incertain. En proie à
une grave crise économique, Anjouan et Mohéli proclamèrent
unilatéralement leur sécession de la République fédérale
des Comores en août 1997 et demandèrent leur rattachement
à la France. En mai 1998, le président M. Taki dut
faire face au mécontentement général et procéda
à la destitution du Premier ministre, Nourdine Bourhane, et à
la constitution d'un nouveau gouvernement. La mort brutale du président
en novembre amena Tadjidine ben Saïd Massounde au pouvoir. Chargé
d'assurer l'intérim jusqu'à la tenue des prochaines élections
présidentielles, ce dernier avait déjà été
nommé Premier ministre en 1996 et président du Haut Conseil
de la République des Comores, par M. Taki.